8ème édition du Festival

La huitième édition du Festival de Fès de la Culture Soufie aura lieu du 12 au 19 avril 2014 sous le thème « Sur les pas d’Ibn Arabî ».

تنظم الدورة الثامنة لمهرجان فاس للثقافة الصوفية في الفترة ما بين 12 و 19 أبريل 2014 تحت شعار"على خطى بن عربي

Programme 2014

Découvrez dès à présent les artistes présents à la huitième édition du Festival de Fès de la Culture Soufie !

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8ème édition du Festival de Fès de la Culture Soufie
Fès du 12 au 19 avril 2014
« Sur les pas d’Ibn Arabî »

Note de présentation

Muhyi ad-Dîn Ibn Arabî (m. 1240 J.C) surnommé « le plus grand Maître » (ash-Shaykh al Akbar) est sans doute l’auteur le plus complet et le plus profond de la tradition spirituelle du soufisme.

On lui connait plus de quatre-cents ouvrages dont certains comptent plusieurs volumes comme al Futuhât al Makkiya (« Les illuminations de la Mecque ; en trente-sept volumes) ou son commentaire du Coran (aujourd’hui disparu ; en soixante-quatre volumes).

Sa parole et son enseignement ont été portés jusqu’aux « deux horizons », l’Orient et l’Occident, conformément à une vision qu’il a eue à ce sujet et qui en annonçait l’accomplissement.

Ses pérégrinations de l’Andalousie, d’où il est natif, en passant par le Maghreb jusqu’en Orient, la Mecque, l’Egypte, l’Anatolie ou la Syrie, etc. va dessiner les contours d’une géographie faite de lieux de rencontre, d’expérience mystique, d’échanges et d’enseignements dont la diffusion souterraine et manifeste influence profondément jusqu’à nos jours la culture spirituelle de l’Islam et plus largement encore différentes écoles de sagesse et de pensée à travers le monde.

Son séjour à Fès à plusieurs reprises et dont le souvenir est attaché à la Mosquée, aujourd’hui en réfection, d’al Azhar, au centre de la vieille Médina, nous montre tout l’intérêt que nous avons aujourd’hui à nous mettre sur les pas de ce guide spirituel pour comprendre le legs de l’une des pensées les plus fécondes et les plus essentielles de l’enseignement du soufisme et de la sagesse universelle.

Par Faouzi Skali
Président du Festival

Cultures du Soufisme

Le Soufisme est une voie d’enseignement et de « cheminement » spirituels qui s’inscrit au cœur de la tradition de l’Islam. Cette voie est aussi une expression de sa culture et, l’on pourrait dire, l’esprit même de sa Civilisation. En ce sens, le Soufisme qui est d’abord une expérience spirituelle, un « Dhawq » ou une saveur personnelle, a été ensuite tout le long de l’histoire, la source continue d’une créativité, intellectuelle, poétique, littéraire, artistique (en particulier musicale) et, d’une façon encore plus globale, bien qu’insuffisamment explorée, la source d’une productivité sociétale particulièrement riche et remarquable.

C’est ce lien entre expérience spirituelle et la diversité des colorations de ses expressions culturelles et sociales, que le Festival de Fès de la Culture Soufie cherche à mettre en lumière et à décliner à travers la programmation de chacune de ses éditions.

Car l’une des caractéristiques de la voie du Soufisme est de permettre cette articulation si rare entre l’accomplissement d’une transformation de soi et celui d’une transformation collective. Cette interaction entre le personnel et le collectif permet la production d’une culture vivante, qui change avec le temps et les lieux, mais dont le but ultime est d’être l’expression de valeurs universelles. Elle enseigne et véhicule en chaque temps, chaque lieu, de quelle manière il est possible de se rapprocher des plus hauts niveaux de nos accomplissements humains, individuels ou sociaux. Les chants, l’art ou la littérature du Soufisme exprimés dans les langues et les modalités culturelles du Continent Sub-Indien, de l’Afrique noire, du Maghreb, d’Asie ou d’Europe Centrale ou du Moyen Orient, vont tous faire référence à la nécessité de dépasser les limites de nos égocentrismes, personnels ou collectifs, pour accéder au sens ultime et universel de l’amour, de la connaissance ou de la compassion.

Cela suppose que ces cultures diverses ne soient pas seulement approchées comme des patrimoines ou des legs du passé mais plutôt de par ce qu’elles peuvent transmettre à notre monde d’aujourd’hui de leurs messages les plus profonds, celui de la célébration d’un sens ultime de la Beauté – celle dont Dostoïevski disait qu’elle seule pouvait sauver le monde – qui s’exprime dans une sagesse de vie, une noblesse du comportement humain ; un art de vivre, conçu dans son sens le plus élevé, et qui est l’âme même d’une civilisation.

Il est important aujourd’hui, en mettant en relation ces cultures et les valeurs qu’elles véhiculent, de rendre possible cette perception de l’Islam en tant que projet civilisationnel.

Et de s’interroger sur la manière dont ce projet peut contribuer à apporter des réponses aux défis sociétaux, locaux ou mondialisés, d’aujourd’hui. De quelle manière avec d’autres projets, d’autres courants de pensées ou de cultures, d’autres civilisations, il peut contribuer à « donner une âme à la mondialisation ». Contribuer à donner un sens à celle-ci en mettant l’homme, et son aspiration à atteindre des valeurs universelles, au centre de nos préoccupations et de nos gouvernances politiques et économiques.

Le Festival de Fès de la Culture Soufie cherche ainsi, pendant dix jours, à réaliser d’une façon certes modeste, et à ce titre surtout illustrative, un paradigme essentiel pour la survie de notre humanité et une orientation vers un développement qualitatif et solidaire (et non seulement « quantitatif tel qu’il est conçu aujourd’hui par les critères purement financiers de la croissance).

Il cherche à ouvrir des voies à l’échelle de la Culture de l’Islam, et au-delà, à une échelle globale, vers ce qu’Edgar Morin, dont nous nous réjouissons à cette occasion de sa présence parmi nous, a appelé « une politique de civilisation ».

Fès peut ainsi, à travers son « Forum « une âme pour la mondialisation » et son Festival de la Culture Soufie, devenir le creuset et peut être le lieu de certaines réalisations expérimentales, d’une telle réflexion.

C’est quantitativement peu mais cela peut sur un plan qualitatif signifier beaucoup. Si cette tentative d’initier les prémices d’une civilisation porteuse d’amour, de connaissance et de solidarité, et ouverte au dialogue entre les cultures et religions du monde, réussit un tant soit peu ici c’est qu’elle le peut aussi ailleurs. « L’éclosion d’une seule fleur est, dit un proverbe japonais, la preuve du printemps ! ».