Le Festival de Fès de la Culture Soufie fêté au Musée Pergamon de Berlin  et dans d’autres lieux de la capitale allemande du 12 au 14 août prochain. 

En partenariat avec la Fondation : Stiftung Forum der Kulturen zu Fragen der Zeit

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Faouzi Skali                  Prof. Dr. Rudolf zur Lippe      Pascual Jordan      Felizitas von Schönborn

Présentation :

L’Esprit de Fès est l’héritier de cet Esprit d’Al Andalus où ont principalement vécu dans une symbiose assez exceptionnelle différentes religions et cultures.

La trame principale de cette convivialité est  due à une pensée vivante du Soufisme, dimension intérieure de l’Islam,  qui accepte naturellement, comme une richesse pour tous, la diversité des spiritualités et des cultures humaines.

Le Soufisme est aussi un pont jeté,  comme l’avait déjà évoqué Goethe dans son « Divan » dédié au poète soufi Hafiz, entre Orient et Occident.

C’est de cette philosophie là, qui se décline à travers un très riche  patrimoine littéraire, poétique et artistique, et de ses valeurs d’humanité et de spiritualité, dont souhaite témoigner le Festival de Fès de la Culture Soufie à Berlin.

Cette rencontre entre Fès et Berlin aspire de la sorte, non pas à revenir à une époque révolue- qui a porté sa part de lumière et d’obscurité  –  mais à  ouvrir une réflexion sur un nouvel Esprit de Fès ou d’Al Andalus qui puisse nous conduire, au-delà de conflits factices dans lesquels certains veulent nous entraîner aujourd’hui, dans un chemin de sagesse.

Un chemin dont le but est de créer, comme nous le faisons à travers cet événement,  des liens  de paix et d’amitié, mais aussi de créativité, entre cultures, pensées et religions.

Faouzi Skali.

Président du Festival.

Programme FFCS Berlin 2015 disponible sur la page « Programme FFCS Berlin 2015″

Editorial 9ème édition

 

La Religion de l’Amour. De Rabiaa, Ibn Arabî, Rumi à aujourd’hui…

L’Amour a été vécu, chanté, décliné dans toutes les formes de vie et d’action par une chaîne ininterrompue de femmes et d’hommes à travers différentes cultures. L’Amour a été considéré comme la plus haute réalisation de la spiritualité et de la foi. L’Amour du prochain, l’Amour de l’autre, l’Amour du Tout- Autre, et qui nous est pourtant plus proche de nous que nous mêmes . De cet Amour que Rabiaa place au-delà du Paradis et de l’Enfer et dont Rumi atteste de l’embrasement et la dévastation ( « J’étais cru et ensuite cuit, disait-il, je suis maintenant consumé » ) Ibn Arabî attire notre attention sur le fait qu’il restera pour toujours un mystère. C’est pourtant aux pieds de ce guide invisible qu’il remettra les clés de son âme : « En quelques directions que se tournent ses montures l’Amour est ma religion et ma foi ! » De cet Amour que reste-t-il aujourd’hui? Il est , comme disent les Soufis , un océan et une soif intarissables. Il faut se détourner des caricatures imbéciles et mortifères des religions pour se plonger dans les textes , la poésie , les témoignages d’action et de vie, qui en irriguent le cœur et l’esprit. Et se plonger plus encore dans les expériences ineffables et intimes que les gens de l’Amour distillent autour d’eux , tous les jours, hier comme aujourd’hui. Pressé de s’expliquer sur sa déraison le Majnoun de Layla répondait à ses contempteurs qu’il n’y avait de saveur dans la vie que pour ceux dont cet Amour s’est saisi. Mais il reste une question essentielle . Comment cette énergie d’amour peut-elle fonder un vivre ensemble, une société ? Et au-delà encore, dans cette extrême diversité du monde, instiller plus d’empathie ou de fraternité ? C’est à une telle réflexion, à cette agape , que nous sommes cette fois-ci invités .

Par Faouzi Skali
Président du Festival

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