Editorial

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Note de présentation de la 9ème édition du Festival de Fès de la Culture Soufie :

La Religion de l’Amour. De Rabiaa, Ibn Arabî, Rumi à nos jours…

L’Amour a été vécu, chanté, décliné dans toutes les formes de vie et d’action par une chaîne ininterrompue de femmes et d’hommes à travers différentes cultures. L’Amour a été considéré comme la plus haute réalisation de la spiritualité et de la foi. L’Amour du prochain, l’Amour de l’autre, l’Amour du Tout- Autre, et qui nous est pourtant plus proche de nous que nous mêmes . De cet Amour que Rabiaa place au-delà du Paradis et de l’Enfer et dont Rumi atteste de l’embrasement et la dévastation ( « J’étais cru et ensuite cuit, disait-il, je suis maintenant consumé » ) Ibn Arabî attire notre attention sur le fait qu’il restera pour toujours un mystère. C’est pourtant aux pieds de ce guide invisible qu’il remettra les clés de son âme : « En quelques directions que se tournent ses montures l’Amour est ma religion et ma foi ! » De cet Amour que reste-t-il aujourd’hui? Il est , comme disent les Soufis , un océan et une soif intarissables. Il faut se détourner des caricatures imbéciles et mortifères des religions pour se plonger dans les textes , la poésie , les témoignages d’action et de vie, qui en irriguent le cœur et l’esprit. Et se plonger plus encore dans les expériences ineffables et intimes que les gens de l’Amour distillent autour d’eux , tous les jours, hier comme aujourd’hui. Pressé de s’expliquer sur sa déraison le Majnoun de Layla répondait à ses contempteurs qu’il n’y avait de saveur dans la vie que pour ceux dont cet Amour s’est saisi. Mais il reste une question essentielle . Comment cette énergie d’amour peut-elle fonder un vivre ensemble, une société ? Et au-delà encore, dans cette extrême diversité du monde, instiller plus d’empathie ou de fraternité ? C’est à une telle réflexion, à cette agape , que nous sommes cette fois-ci invités .

Par Faouzi Skali
Président du Festival

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